100 Félix

Colloque « Pieds nus dans l’aube… du XXIe siècle :
l’œuvre de Félix Leclerc, héritage et perspectives »

 

25 au 27 septembre 2014

Département de musique/CRILCQ/Université du Québec à Montréal

Comité organisateur : Luc Bellemare (UQÀM/CRILCQ) Dominique Garand (UQÀM/CRILCQ) Sylvie Genest (UQÀM) Jean-Pierre Sévigny (Musée des Ondes Emile Berliner) Danick Trottier (UQÀM/OICRM)

Responsable musical : Philippe Ménard (UQÀM)

Thème

L'année 2014 marquera le centième anniversaire de naissance de Félix Leclerc, cet artiste reconnu comme un défricheur et pionnier de la chanson au Québec. Des trophées Félix de l'ADISQ à l'Espace Félix-Leclerc de l'Île d'Orléans, le patriarche des chansonniers continue d'inspirer la société québécoise et la culture occidentale par ses romans et ses carnets de pensées, ses contes et ses fables, son théâtre, sa poésie et ses chansons.
Sa vie et son oeuvre méritent pourtant que les balises qui ont pris valeur de mythe avec le temps soient questionnées, ne serait-ce que pour rendre justice au créateur. Par exemple, au sujet de la « découverte » parisienne de 1950, le biographe Marcel Brouillard (1994, 88) cite les propos de Guy Mauffette, l'homme qui a fait entrer Leclerc à Radio-Canada dès 1939 : « Félix a connu un succès énorme et rapide comme auteur et comédien. Je m'insurge contre ceux qui prétendent encore aujourd'hui qu'il n'a pas été reconnu par les siens. Complètement fausse cette affirmation. Ça ne tient pas debout. [...] Je le répète, ce n'est pas vrai que Félix n'a pas été accepté ici. Ça peut aider la légende, mais ce n'est pas la vérité, à mon humble avis. » Le retour aux archives de la presse d'époque tend à lui donner raison, ou du moins, à nuancer l'idée que Leclerc doive toute sa reconnaissance à la France. En revanche, on peut s'interroger sur ce qu'aurait été la carrière et le destin de Leclerc sans l'appui du public français.
Par ailleurs, l'engagement politique de l'artiste à la suite de la crise d'Octobre 1970 ne pose aucun doute. À titre d'exemple, le biographe Jacques Bertin (1987, 27) cite les propos de Félix Leclerc en 1985 : « Où il y a des montagnes d'or, il y a des banques, des bureaux, des spécialistes, des gouverneurs, des constitutions, des lois, des armées et des prisons pour protéger l'exploitant, souvent blanc et protestant, et punir l'indigène qui oserait dire qu'il est chez lui et que les richesses sous ses pieds sont à lui. » Cela dit, le nationalisme de Leclerc avant et pendant la Révolution tranquille a rarement été interrogé en profondeur. Il y aurait pourtant avantage à relire aujourd'hui le symbolisme derrière ses chansons de la période 1950-1970 ou dans la pièce de théâtre inédite Les Temples (1966), particulièrement dans le contexte des débats sur la laïcité de l'État ou du conflit étudiant qui a enflammé le Québec en 2012. Ces exemples de l'héritage de Leclerc, de son rapport à la France et de son engagement politique, tendent à montrer les chemins qu'il reste à parcourir pour obtenir une connaissance plus approfondie de son legs artistique. D'autant que dans la chanson québécoise actuelle, plusieurs artistes se réclament de sa filiation ou lui rendent hommage. Pensons à Loco Locass, Karkwa, Catherine Major, Fred Pellerin et bien d'autres.
Le présent colloque se veut l'occasion de sortir des lieux communs que l'on ressasse trop souvent lorsque Leclerc est évoqué. La canonisation qui a eu cours durant les dernières décennies autour de son héritage a proposé une image quelque peu figée, surtout au petit écran, qui se réduit bien souvent au troubadour bon enfant dont l'engagement indépendantiste s'éveille avec la crise d'Octobre 1970 et « L'Alouette en colère ». Dépassant cette image, les études Leclerc peuvent s'enrichir de nouvelles problématiques et jeter un éclairage actualisé sur son oeuvre, un espace de discussions qu'entend ouvrir ce colloque.
D'autant qu'à la mesure de l'interaction des arts que l'on retrouve au fondement de l'oeuvre, les études Leclerc doivent se doter d'une perspective multidisciplinaire afin de croiser les connaissances et les savoirs. C'est pourquoi la musicologie, les études littéraires, les études culturelles, l'histoire, la sociologie, l'esthétique et plusieurs autres disciplines pourront être mises à contribution. Aussi, le colloque proposera des ateliers dans lesquels interviendront des professionnels du milieu qui renouvellent et font vivre l'oeuvre de Leclerc.
Le colloque est ouvert à toute problématique ou à tout thème qui fait progresser les études Leclerc, pour autant qu'une démarche scientifique soit conséquente de la communication proposée. Les thèmes suivants sont donnés à titre indicatif :

  • Leclerc et le Québec des années 1940, avant Paris
  • Leclerc et la critique littéraire
  • La dimension religieuse ou la laïcité dans l'oeuvre de Leclerc
  • Les formes d'engagement politique chez Leclerc
  • La chanson comme acte d'oralité chez Leclerc
  • Les enjeux d'une édition critique de ses chansons, textes et musiques
  • Leclerc au cinéma et à la télévision
  • La canonisation de Leclerc
  • Analyses musicales de ses chansons
  • Analyses des accompagnements et arrangements de son oeuvre
  • Le jeu de guitare de Leclerc
  • Leclerc et ses imprésarios, de Jacques Canetti à Pierre Jobin
  • Leclerc et ses pairs
  • Leclerc sur les bancs d'école
  • Leclerc et l'environnement
  • Les influences de Leclerc, d'hier à aujourd'hui

Comité scientifique du colloque : Luc Bellemare (UQÀM/CRILCQ) Aurélien Boivin (Université Laval/CRILCQ) Daniel Chartier (UQÀM/CRILCQ) Dominique Garand (UQÀM/CRILCQ) Sylvie Genest (UQÀM) Stéphane Hirschi (Valenciennes, France) Christopher M. Jones (Carnegie Mellon, États-Unis) Catherine Lefrançois (OICRM) Ursula Moser (Innsbruck, Autriche) Amy J. Ransom (Central Michigan, États-Unis) Catherine Rudent (Paris-Sorbonne, France) Chantal Savoie (UQÀM/CRILCQ) Jean-Pierre Sévigny (Musée des Ondes Emile Berliner) Danick Trottier (UQÀM/OICRM)

Acronymes : CRILCQ : Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises OICRM : Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique UQÀM : Université du Québec à Montréal


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